Enseigner la littérature

Cadrage institutionnel

En France, la réforme du lycée en cours s’attache à articuler la littérature à la charnière des arts et des humanités elle vise à :

– accroître la maîtrise de la langue de l’élève tant à l’oral qu’à l’écrit ainsi que son esprit critique
– développer grâce à la contextualisation permanente des œuvres la connaissance de l’histoire littéraire
– favoriser l’appropriation des œuvres par l’élève par différents biais comme la conception de fiches de synthèse ou de révision, la restitution d’impressions de lectures, l’écriture d’invention, l’écriture d’intervention ou encore la tenue d’un carnet de lecture.

L’enseignement de la littérature en langue française au Luxembourg

Dans l’enseignement fondamental :

L’enseignement-apprentissage du français commence au cycle 2 de l’école fondamentale, dans la suite de l’initiation au français faite les années précédentes, au cycle 1 et dans les crèches. Cette phase de l’apprentissage, dite « d’exploration », vise essentiellement la compréhension et la production orale du français. Aux cycles 3 et 4 de l’enseignement fondamental, ces apprentissages sont consolidés dans la phase d’approfondissement.
Une méthode, communicationnelle et ludique, a été développée spécialement pour favoriser une attitude positive à l’apprentissage des langues et une ouverture aux rapports entre les langues et les cultures. Sous le titre Salut, c’est parti !, cette approche propose également un complément de littérature : « Quelle littéraventure ! ». Des idées et activités pour explorer les livres de jeunesse en classe sont proposées, avec une attention particulière portée à l’exploration des albums pour développer le goût du livre et de la lecture, de manière moins formelle et, par conséquent, plus authentique.
Plus d’informations sur : https://efrancais.lu

Dans l’enseignement secondaire :

Aux cycles inférieurs, de l’enseignement secondaire classique (ESC) et général (ESG), l’enseignement-apprentissage de la littérature est conçu comme une initiation à la lecture littéraire, pour développer le goût de la lecture et l’autonomie dans la lecture.
L’anthologie de textes Fil d’Ariane 1, développé pour les classes de 7e ESC par des enseignants du secondaire au Luxembourg à partir de la série existante aux Editions Didier, favorise cette initiation à travers trois unités consacrées successivement à l’univers des contes, à la découverte de l’univers de la mythologie gréco-latine et au voyage dans le monde de l’adolescence à travers la littérature jeunesse. Les élèves sont familiarisés avec les oeuvres et auteurs représentatifs de ces champs littéraires et invités à faire le lien entre leur vécu et les textes du patrimoine littéraire, pour mesurer l’actualité des thèmes abordés dans les oeuvres littéraires d’hier et d’aujourd’hui.
La série de manuels Envol 1-3, développée pour les classes de 7e-9e ESG, également par des enseignants du secondaire au Luxembourg à partir d’un manuel existant dans le canton de Zürich, propose dans chacune des unités des trois tomes les rubriques « Le plaisir de lire » et « En art » pour promouvoir l’éducation culturelle en cours de langue. La rubrique « Le plaisir de lire » propose notamment des extraits de romans de jeunesse ou adaptés à de jeunes lecteurs.
Les programmes de français aux cycles inférieurs de l’ESC et de l’ESG sont accompagnés de listes de propositions de lectures cursives, dont de nombreux titres sont édités dans des collections de littérature jeunesse. La lecture d’au moins deux oeuvres intégrales au cours de l’année est recommandée.

Education Artistique et Culturelle (EAC)

Ce n’est qu’à partir de la fin des années 60 que l’importance de la dimension artistique dans l’éducation générale commence à être prise en considération. Indispensable à la démocratie de la Culture et à l’égalité des chances, l’éducation artistique et culturelle vise à :

• permettre aux élèves de se forger et d’étoffer leur culture personnelle
• accroître, renforcer et encourager les pratiques artistiques des élèves
• susciter la rencontre d’auteur, d’artistes ainsi que de leur œuvre et inciter à la fréquentation de lieux culturels multiples

Crée en 2005, le Haut Conseil à l’éducation artistique et culturelle a pour principale mission de proposer des orientations politiques en matière d’éducation artistique et culturelle. Il se veut garant de la généralisation et de la valorisation de l’éducation artistique et culturelle.

Celle-ci intervient dans la formation des élèves du primaire au secondaire sur l’ensemble des temps éducatifs qu’il soit scolaire, extrascolaire ou périscolaire. Si l’école est le lieu privilégié pour initier les élèves aux arts visuels et à l’éducation musicale, le collège est celui des arts plastiques et de la musique tandis que le lycée s’attache à une exploration plus ouverte à travers des enseignements spécifiques ou facultatifs. Des actions éducatives sont également instaurées et ouvertes à tous les élèves. Elles regroupent par exemple les ateliers artistiques, les projets culturels ou artistiques pour ne citer que ces quelques exemples.

Des partenariats et des événements sont mis en place tant à l’échelle nationale qu’académique. L’objectif est de sensibiliser les élèves aux œuvres culturelles et patrimoniales tout en les familiarisant avec les différentes institutions culturelles.

Des journées de stage sont proposées aux enseignants qui peuvent être formés en formation initiale, dans les écoles supérieures du professorat et de l’éducation qui entretiennent souvent des relations étroites avec les institutions culturelles. Des ressources accessibles et multiples sont également à la disposition des enseignants en ligne.

Les collectivités locales ont un rôle à jouer au cœur de l’évolution de l’éducation artistique et culturelle. Désormais, elles s’investissent davantage financièrement et cherchent à coordonner l’ensemble des acteurs locaux pour mieux inscrire le rayonnement culturel au sein du territoire.

Des mesures importantes ont été prises récemment pour renforcer la pratique de la culture à l’école. Le ministère de la Culture et de l’éducation nationale ainsi que le Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle se sont ainsi prononcé en faveur de la création d’un label « Objectif 100% EAC ». Par cette démarche, le gouvernement entend valoriser l’engagement des villes et collectivités qui inscrivent l’éducation artistique et culturelle au cœur de leur politique. Plusieurs villes-laboratoires ont ainsi été sélectionnées pour expérimenter cette stratégie dont la ville de Metz.

La création d’Institut National Supérieur de l’Education Artistique et Culturelle a été également décidée. Il verra le jour à l’horizon 2022 à Guingamp et aura pour objectif de former les acteurs de la transmission à savoir les enseignants et artistes.

AU GRAND DUCHÉ DU LUXEMBOURG

Dans le cadre du plan d’action culturel 2018-2028 l’éducation artistique et culturelle est actuellement repensée pour permettre de :

• Développer et accroître les échanges entre le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la jeunesse et le ministère de la Culture
• Favoriser une approche transversale de l’enseignement qui conférera une place plus grande à l’éducation artistique et culturelle
• Promouvoir et développer l’éducation artistique et culturelle
• Former les enseignants à la médiation culturelle et renforcer les offres de formations continues déjà présentes
• Etendre l’offre de formation culturelle à l’Université de Luxembourg

Source : Plan d’action culturel 2018-2028 https://kep.public.lu/index.html